"La culture, c'est ce qui demeure dans l'homme lorsqu'il a tout oublié "- Emile Herriot, écrivain et critique (1889-1961)

prochaine conférence mardi 4  octobre

"La France et l’Europe face au problème de l'immigration"

par Henri Moreau, professeur

S'il est un sujet qui prête à interprétation, c'est bien celui-là. Tout le monde a son avis sur le sujet, chacun a une anecdote et dans ces temps troublés il n'est pas une  conversation de bistrot qui ne fasse état de ce "problème".

L'immigration est une richesse pour certains, le Canada a longtemps mené et mène encore une politique d'immigration, le Canada est si grand et si peu peuplé...Pour d'autres ... une calamité

Nombre de Bretons se sont exilés dans ce grand nord, certains sont  revenus, d'autres ont fait souche.

Les Polonais, Espagnols, Portugais, plus récemment Algériens, Tunisiens et Marocains sont venus en masse dans nos mines, sur nos chantiers et dans nos champs. Travailleurs immigrés, durs à la tâche, sous-payés souvent méprisés ils vivaient à côté de nous et souvent nous les voyions pas, intégrés qu'ils étaient dans le paysage. 


Avec les récents bouleversements  géopolitiques, certains pays sont devenus insupportables à leurs habitants qui s'enfuient en masse pour tenter de trouver ailleurs des conditions de vie acceptables.

Traversant la Méditerranée au péril de leur vie ils arrivent sur nos côtes tels de nouveaux envahisseurs que nous redoutons car "ils ne vivent pas comme nous". C'est un fait et dans le monde  il y a bien quelques centaines de millions de gens qui ne vivent pas comme nous et nous ne voulons pas ou ne savons pas vivre comme eux, c'est ainsi...

L'immigration c'est la brusque irruption de l'Autre dans notre univers quotidien, cette peur ancestrale de l'Autre, celui que nous ne connaissons pas, qui est dangereux, qui apporte avec lui une autre culture, d'autres habitudes qui vont bouleverser les nôtres, et qui sait, pervertir notre jeunesse, qui n'en a pas besoin...


Tant que nous allions vers de lointaines destinations, troubler par notre tourisme de masse les habitudes ancestrales de populations qui ne nous connaissaient pas, que nous ramenions des  souvenirs "pittoresques" aussitôt oubliés  dans nos greniers et qui ressortent à l'occasion de quelque brocante, tout allait bien dans un monde qui tournait "tellement rond", mais qu'ils arrivent eux aussi, dépenaillés, sans le sou, réclamer leur part de bonheur, voilà qui nous dérange profondément et  nous évoquons aussitôt les grandes invasions barbares.


Pour vous mettre dans l'ambiance de cette conférence, je ne saurais trop vous recommander un livre, réédité constamment ( huit fois) depuis sa parution en 1972 et qui nous oblige à une réflexion sur le sujet.

Il s'agit du roman de Jean Raspail "Le camp des Saints".


voici ce qu'en disait Jean Raspail lors d'une interview dans le journal "Le ¨Point " le 29 septembre 2015, il y a  un peu plus d'un an ...


- le POint : C'est un livre qui aurait été possible aujourd'hui ?

Jean Raspail : Au départ, Le Camp des saints n'a pas marché. Pendant au moins cinq ou six ans, il a stagné. Il s'est peu vendu. Après trois ans, brusquement, le chiffre des ventes a augmenté. Le succès est venu par le bouche-à-oreille et grâce à la promotion qu'en ont faite des écrivains de droite. Jusqu'au jour où, en 2001, un bateau de réfugiés kurdes s'est échoué à Boulouris, près de Saint-Raphaël, à quelques mètres du bureau où j'ai écrit Le Camp des saints ! Cette affaire a fait un foin terrible dans la région. Du coup, on a reparlé de mon livre et il a touché un large public. C'était le début d'une arrivée maritime de gens d'ailleurs. Je suis un peu honteux, car lorsqu'il y a une vague importante de migrants, on le réimprime. Il est consubstantiel de ce qui se passe.

le POint : Est-ce un livre politique ?

Jean Raspail : Peut-être un peu, oui. Le dernier carré de fidèles et de combattants est composé de patriotes, attachés à l'identité et au terroir. Ils s'insurgent contre la fraternité générale et le métissage…


 

 

(entretien complet sur :