une date à retenir  : 18 septembre 2018  

Belle conférence que celle que nous a offerte M Loïk Le Floch Prigent ce 18 septembre 2018. Selon lui, seule une ré-industrialisation de la France peut apporter une solution au marasme économique actuel, compte tenu des emplois que cette industrialisation peut offrir mais aussi de ceux induits par les nombreuses entreprises de sous-traitance. Nous sommes tributaires de l’énergie, non seulement nécessaire au fonctionnement des machines mais aussi au confort auquel nous sommes tous attachés.

Cette énergie est produite à 75 % par les centrales nucléaires issues du plan énergétique lancé par le Général de Gaulle qui nous a permis de jouir d’une certaine indépendance énergétique.

Le reste provient des barrages hydro-électriques, des centrales thermiques, enfin des énergies alternatives : éoliennes, panneaux solaires.

La facture énergétique (importation de produits pétroliers) correspond au déficit commercial de la France, cette notion est importante et permet la compréhension du problème.

Si l’implantation des centrales nucléaires n’a pas été sans opposition de la part des écologistes et continue de poser des problèmes, notamment la gestion des déchets, elle est devenue au fil du temps l’emblème d’une écologie politique qui pourrait se résumer à « non au nucléaire…. À tous prix »

Il faut sans doute raison garder et examiner ce problème énergétique sous tous ses aspects.

Bien sûr on ne peut souhaiter poursuivre la construction de centrales nucléaires sans apporter une solution pérenne au stockage, ou au traitement des déchets.

Bien sûr on devrait poursuivre l’entretien et une bonne gestion des barrages hydro-électriques au lieu de dilapider ce trésor en le confiant à des entreprises privées soucieuses avant tout de satisfaire leurs actionnaires au détriment des salariés et des clients.

Bien sûr il faudrait que nos centrales thermiques fonctionnent toutes au gaz (meilleur rendement et moindre pollution) plutôt qu’au charbon (abondant, peu cher, mais tellement polluant) ou au pétrole, mais ces approvisionnements sont soumis aux aléas de la politique et nous coûtent très cher.

Les éoliennes ne sont pas une solution, leur fonctionnement aléatoire est soumis aux caprices du vent : pas assez, ça ne marche pas, trop on doit les stopper.

Le courant produit doit être stocké car production et consommation ne sont pas toujours en phase, le stockage demeure coûteux, et la perte en ligne non négligeable.

Les éoliennes en mer sont une véritable aberration et on se demande pourquoi les écologistes continuent de soutenir de tels projets qui font de véritables ravages lors de leur implantation sur le sol marin (forages et socles de béton) au grand dam des pêcheurs, mais que pèsent les pêcheurs face à la volonté des politiques et des entreprises censées créer des emplois ?

Les panneaux solaires sont une partie de la solution pour les particuliers dans la mesure où EDF rachète l’électricité à un prix supérieur à celui du marché, cela ne saurait durer, car contraire aux règles les plus élémentaires de l’économie.

Un autre argument qui vient contrecarrer cet engouement pour les éoliennes et les panneaux solaires : il faut les importer et nous finançons ainsi des emplois dans le sud-est asiatique.

Le traitement de nos déchets n’a jamais été pris en compte dans le coût global de l’énergie et le véritables continent constitué par ces déchets dans l’océan du Pacifique nous le rappelle chaque jour.

Les émanations de gaz issues de nos centrales, bateaux, camions, voitures contribuent sans doute au réchauffement climatique mais il est difficile d’en apprécier la responsabilité, les volcans sont autrement plus dangereux que toutes nos machines réunies, mais …. ils sont naturels !

 

Une chose est sûre : il ne faut pas occulter le débat, il faut le mettre sur la table et surtout il faut que nos politiques qui se prétendent nos représentants et les médias qui sont leurs courtisans abordent ces questions sans à-priori, sans en faire un enjeu de basse politique en invitant les citoyens à y participer par une information honnête en respectant les règles de la démocratie.

 

Nous en sommes encore loin !

M Jacques le Goff

 la conférence fut très suivie par le public de l'UTL le 31 janvier 2017. Nul doute que chacun a senti le danger que nous font courir les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) dès lors que nous faisons appel à leurs services, ce qui, convenons-en devient de plus difficile à éviter. Les moteurs de recherche, le "cloud" sont autant d'outils dont la maîtrise nous échappe mais qui sont parfaitement utilisés par leurs concepteurs. Les "big data" ont complètement modifié notre approche de l'archivage, et de plus en plus de documents (écrits, audio, vidéo) sont stockés dans d'improbables endroits dont la particularité notable est qu'ils sont sur le sol américain. Ces fichiers constituent la plus importante bibliothèque jamais conçue et les renseignements qu'ils comportent sur notre vie privée, nos habitudes, nos relations, nos divertissements, nos orientations culturelles, politiques etc... sont tels que nous n'avons plus désormais besoin de tenir un journal de nos activités, le "big data" s'en charge pour nous. Ceci pose naturellement un problème d'éthique puisque nous ignorons bien souvent ce que comportent les fichiers qui nous concernent, mais plus grave:  qui peut y accéder. La commission informatique et liberté  accorde à tout citoyen qui en fait la demande un droit d'accès, de rectification à ceux qui en font la demande. Encore faut-il connaître les fichiers qui détiennent des informations sur nous, et être patient. Nous avons tous fait l'expérience de laisser nos coordonnées dans un magasin, en échange d'une carte de fidélité par exemple, et pesté contre le harcèlement  téléphonique dont font preuve des sociétés que nous ne connaissons pas : les fichiers sont échangés ou vendus par les entreprises commerciales sans que nous sachions que nous faisons l'objet d'un commerce.

Fanch Broudig

«La Russie de Poutine, les perspectives et les visées politiques» une conférence de M. Alain Colas, agrégé d'histoire.

Difficile de comprendre Wladimir Poutine sans faire un retour en arrière de quelques siècles. Pierre le Grand (pas seulement par la taille, il mesurait deux mètres), a voulu au début du XVIIIème siècle sortir la Russie de son isolationnisme et a entrepris un voyage (« la grande ambassade ») qui l’a conduit successivement à Londres, Venise et Amsterdam. A son retour il impose une occidentalisation de la cour, crée un parlement, établit un système bancaire et entreprend la construction d’une flotte. Il installe sa capitale à Saint Petersbourg « afin d’ouvrir une fenêtre sur l’Europe ».

 

Pierre a deux objectifs :

- s’étendre vers le sud pour permettre à sa flotte d’évoluer dans des mers libres de glace, ce qu’il réussira partiellement avec le traité de Constantinople (1700), qui met fin à la guerre russo-turque 1696-1700, les Russes se voient reconnaître par la Sublime Porte la possession d'Azov et de la base de Taganrog, et obtiennent en outre le droit de conserver et d'avoir un ministre permanent dans l’Empire ottoman.

- mettre sous tutelle les territoires d’Europe centrale afin d’assurer une protection de la Russie.

Cette volonté expansionniste a traversé les âges et il serait vain de la nier.


Avec Boris Eltsine en 1990 c’est une nouvelle ère qui commence pour la Russie. l’URSS a vécu, et la Grande Russie change de régime, se convertissant après plus de 70 ans de communisme à l’économie de marché.

 

le 31 décembre 1999 Eltsine démissionne confiant le pouvoir à Poutine qui veillera à empêcher les poursuites contre lui et sa famille pour des faits de corruption.

Poutine s’engage immédiatement à remettre de l’ordre en Russie, il interviendra notamment pour rétablir le paiement des retraites, et tenter de lutter contre l’alcoolisme, véritable fléau qui continue de faire plus de 500 000 morts par an.


En mai 2000 il devient président de la Russie avec 52 % des suffrages.

La grande force de Poutine, c’est sa parfaite connaissance des services secrets (KGB et FSB) il mettra d’ailleurs aux postes de gouverneurs et de ministres des hommes qui en sont issus. Brejnev et Andropov avaient en leur temps fait de même.

Côté finances, c’est de GAZPROM que viendront les devises de l’étranger grâce à la commercialisation du gaz et du pétrole russes.

Deux projets d’alimentation par oléoduc en gaz russe sont menés à bien:

1- vers l’Europe de l’ouest (North stream)

2- vers les Balkans et la Grèce (South stream)

(Schroeder   ancien chancelier allemand est maintenant directeur général de North stream. Gerard Schröder inaugure le premier tronçon du gazoduc le 8 novembre 2011  en compagnie de sa successeure Angela Merkel, de Dmitri Medvedev et de François Fillon.)


La voix de la Russie est désormais devenue incontournable.

Sur le plan politique Poutine ne reste pas non plus inactif :

Opération de Géorgie (2008) : le pouvoir géorgien souhaite se rapprocher de l’OTAN, ce qui est inadmissible pour Poutine et la population russe, qui considèrent la fin de l’URSS comme une catastrophe pour l’Empire Russe. Des russophones soi-disant persécutés appellent Poutine au secours : les chars russes avancent jusqu’à la réaction internationale mais ensuite ne reculent pas.


Ce qui est en train de se construire sous nos yeux : Poutine a opéré un rapprochement avec la Chine (Hu Jintao), chaque année des exercices militaires on lieu au large du Japon avec les Chinois, un accord d’approvisionnement en gaz à été signé (le marché chinois est plus important que le marché européen), un groupe de coopération d’entraide militaire (groupe de coopération de Shanghai) réunissant la Russie, la Chine, l’Inde, la Mongolie, l’Afghanistan et l’Iran s’est constitué afin de peser sur le plan militaire et diplomatique sur les décisions de l’ONU (ex : la prise de position de la Chine et de la Russie pour l’Iran).


Vladimir Poutine est slavophile et tourne le dos à l’Europe, dans ce contexte il aide et s’appuie sur l’Église Orthodoxe, ce qui lui vaut le soutien de la population rurale restée très attachée à l’église. Il se pose également en défenseur des orthodoxes des autres pays notamment les Balkans.


Politique de réarmement de la Russie :


l’armée russe a retrouvé un haut niveau, la marine est l’une des plus fortes du monde, en 2013 il a également doté l’armée de lanceurs de missiles nucléaires. La Russie entend être présente en Méditerranée, poursuivant ainsi l’œuvre de Pierre le grand, on a d’ailleurs noté un trafic maritime et sous-marin important à Gibraltar, mais aussi sur nos côtes et notre espace aérien il y a peu. En 2014, Poutine a passé en revue une partie de la flotte russe dans le port de Sébastopol, confirmant ainsi s’il en était besoin sa volonté de faire de la Crimée une possession russe.

Poutine s’est clairement prononcé contre l’islamisme, et entend bien le détruire car il sait qu’il s’agit d’un danger pour la Russie : 2.9 millions de musulmans vivent au Daghestan, la province la plus au sud de la Russie, et sous l’influence de prêcheurs du Moyen-Orient, nombre d’entre eux se tournent vers le salafisme (sunnite) et donc le jihad. Poutine augmente régulièrement la répression, beaucoup quittent la région, et beaucoup de ceux qui restent luttent pour imposer la charia.

Poutine se moque de l’opinion internationale, ainsi dans l’affaire de l’invasion de la Géorgie : En assumant pleinement le caractère prémédité de l'offensive contre Tbilissi, Vladimir Poutine fait un pied de nez aux Occidentaux, qu'il affronte depuis plusieurs mois sur le dossier syrien et à qui il signifie ainsi qu'il n'a que faire des règlements internationaux. «Ce n'est pas une erreur de la part de Poutine», commente un proche du dossier. Le président russe a aussi réagi aux propos de son premier ministre, Dmitri Medvedev, qui tentait de se justifier après avoir été accusé de «faiblesse» et «d'indécision» au moment du déclenchement de la guerre par des généraux russes, dans un documentaire diffusé à l'occasion du quatrième anniversaire du conflit. Dans ce film, l'ancien chef d'état major Iouri Baluyevsky confirme lui aussi que l'invasion avait été planifiée de longue date et que les commandants avaient reçu des ordres de mission longtemps à l'avance.

Poutine est cependant confronté à deux problèmes importants :

- une démographie en baisse constante : La Russie ne pourra pas éviter de connaitre une diminution du nombre de naissances dans un futur proche, plausiblement au cours des deux prochaines décennies. Les seules questions qui se posent sont de savoir de combien mais aussi à partir de quand.

- l’économie russe est liée aux cours du gaz et du pétrole, ainsi actuellement le cours du baril est proche de 35$ alors qu’il faudrait revenir à 70$ pour atteindre le seuil de rentabilité : en clair la Russie doit actuellement puiser dans ses réserves.


En conclusion : l’avenir de Poutine semble assuré, sa seule hantise concerne sa santé et son vieillissement, il est le promoteur incontesté -s’il n’est pas incontestable – de l’impérialisme russe, il est le chef de file des nationalistes européens, ce n’est un secret pour personne qu’il finance les partis « d’extrême droite » et il désigne clairement les Etats Unis comme l’ennemi absolu.


La géopolitique exclut tout sentimentalisme. Il nous faut regarder Poutine non pas comme un quelconque dictateur qui, avec son compère Bachar Al Assad, est actuellement en train de réduire en champs de ruines la ville d'Alep  mais comme le dirigeant d'un immense pays (30 fois la France) qui entend bien jouer sa propre partition dans le vaste concert international.

Le pire que nous puissions faire serait de le mépriser ou de le sous-estimer, Poutine possède une grande intelligence, un sens politique que beaucoup pourraient lui envier, une connaissance approfondie des réseaux de renseignement qui en font un personnage de premier plan et qui entend porter la Russie à la place qu'elle mérite.

La Musique russe du Groupe des Cinq

 

La fin du XIXème siècle est caractérisée en musique par la montée des écoles nationales. Ce phénomène se manifeste notamment dans des nations dont on n'avait pas encore entendu parler dans l'histoire de la musique, comme les pays slaves, et principalement la Russie. Le Groupe des Cinq est le plus représentatif des compositeurs russes qui tirent de la musique populaire et des symboles nationaux de leur pays de nouveaux modèles de composition. Beaucoup de leurs œuvres ouvrent la voie à des langages novateurs qui émergeront au XXème siècle.

 

Le Groupe des cinq est constitué de