AU REVOIR LA-HAUT

Ceux qui ont lu le livre qui a obtenu le Prix Goncourt en 2013 verront avec plaisir ce film qui respecte l'esprit du livre.

Pour ceux qui ne l'ont pas lu, il est indispensable d'aller voir ce film qui relate dans quelles conditions ont été érigés les monuments aux morts pour rendre hommage aux soldats tués de ce que l'on appela la "Grande guerre". Sur fond de magouilles politico-financières, les héros de l'histoire montent une arnaque, et notre indulgence va vers eux qui ont donné à la France leur jeunesse et qui furent les premières victimes de cette barbarie que toutes les cérémonies du 11 novembre ne parviendront pas à effacer.

CARBONE

Décidément, ce mois du cinéma traite beaucoup des arnaques en tout genre; celle-ci est une arnaque qui a réellement coûté entre 1,5 et 1,8 milliard d'euros à la France. Par la faute de voyous certes, mais aussi grâce à l'incompétence de politiques plus habiles à camoufler la réalité (le niveau réel de pollution au CO2) que de donner des outils pour  lutter contre, par exemple, le réchauffement climatique. Ils ont inventé les droits à polluer que des petits malins se sont empressés d'acheter et de revendre comme des actions de bourse en "oubliant" de payer la TVA. Ce film  violent dépeint les mœurs d'une époque -notre époque- mais aussi d'une société gangrenée par une nouvelle pègre (les délinquants en col blanc) encore plus violente et impitoyable que celle du siècle passé.

Âmes sensibles attendez-vous à des scènes brutales, mais si vous êtes curieux de la société actuelle, il ne faut pas manquer ce film.

Dunkerque

Un film sans dialogues, une page de notre histoire qui marque la fin de la "drôle de guerre". Que sait-on de l'héroïsme de ces soldats français qui continrent l'avancée allemande, afin de permettre à l'armée anglaise de rembarquer. Le film montre un peu la duplicité et le génie de Winston Churchill, qui avant les autres, avait compris que Hitler ne se contenterait pas de quelques conquêtes à l'est de l'Allemagne. Il faut voir ce film qui est avec "week-end à Zuydcoote" l'indispensable à connaître pour comprendre ce que fut le sacrifice de ces milliers de soldats dont beaucoup partirent pour des années prisonniers en Allemagne et ne furent pas reconnus comme des héros.

Monsieur et Madame Adelman

On connaissait le talent de Nicolas Bedos qui sait faire le pitre et se montrer méchant. Nul n'ignorait que Doria Tillier belle, intelligente, qui avait innové une nouvelle façon de présenter la météo aux grandes heures de Canal et du Grand Journal,   aurait sans doute un bel avenir. Ils ont tous les deux confirmé qu'ils pouvaient écrire un film et y jouer dans un genre particulièrement difficile. Suivre un couple, et quel couple durant des décennies, les voir se déchirer, s'aimer, se quitter, se retrouver , tout cela bien entendu a déjà été fait, mais pas avec une telle cruauté. Peinture sociale, introspection implacable dans les cœurs et les cerveaux, vérités qui tuent, mensonges qui étouffent, tout est dans ce film déjanté, mais ô combien révélateur de notre société. Pas de tabous, la souffrance à l'état brut, mais aussi le bonheur, des instants de bonheur... bref du pur bonheur !

Une mention spéciale à l'équipe de maquillage dont le professionnalisme prouve que le cinéma français est sans doute l'un des meilleurs.

Les amateurs de films d'action américains regretteront sans doute qu'il n'y ait pas de poursuite automobile et d'échanges de coups de feu toutes les trois minutes, une preuve de plus que l'on peut faire du bon  cinéma avec un bon texte, de bonnes idées, de bons acteurs (ils sont tous excellents) mais surtout l'envie incoercible de renverser la table !

"Moonlight" de Barry Jenkins

Une exploration dans le labyrinthe de l'âme humaine dont on sort revigoré.

 

"Des années 90 à nos jours, dans une cité ultraviolente de Miami, l'enfance, l'adolescence et l'âge adulte d'un Noir, fils de junkie, homo introverti.

Si  "le secret de Brokeback Mountain" qui montrait l'homosexualité chez les cow-boys, était un beau mélo, Moonlight" se révèle un tour de force. Sur un territoire hostile, où même les dialogues sont pauvres, le réalisateur Garry Jenkins - dont le film raconte en partie la vie - s'attarde sur les silences, les sensations furtives et les images splendides pour donner du souffle à une tragédie intime. Portée par des acteurs formidables, cette histoire de non-dits montre un talent criant. (critique du Canard Enchaîné)."

"Les confessions" de Roberto Ando

Quelque part en Allemagne des dirigeants politiques du G8 et le directeur du FMI se réunissent en vue d’adopter une manœuvre secrète aux lourdes conséquences. Mais tout ne va pas se dérouler comme prévu à cause du décès du directeur du FMI. (Allo ciné)

Si vous avez encore la naïveté de croire que nos politiques  peuvent changer quelque chose dans le fonctionnement de l'économie mondiale, si  vous croyez encore que le mot démocratie signifie quelque chose, si vous pensez, en allant voter que le bulletin que vous mettez dans l'urne a une quelconque valeur, alors, n'allez pas voir ce film qui risque de détruire vos illusions.

Mais si vous pensez que le journal télévisé, les journaux d'information, les analystes politiques, les commentateurs de tout poil n'ont d'objectif que de formater nos esprits, alors courez voir ce film : l'image somptueuse, le jeu des acteurs, le décor luxueux, tout concourt à donner à ce "thriller" la marque des grands films. Toni Servillo est prodigieux de calme et de sérénité, Daniel Auteuil joue un directeur du FMI dont le génie ne laisse place à aucune humanité. Le film oscille entre métaphysique et réalités économiques

"La mécanique de l'ombre" de Thomas Kruithof

la guerre des services, ce n'est pas nouveau...

Deux ans après un « burn-out », Duval, au chômage, se voit contacter par un mystérieux employeur pour retranscrire des écoutes téléphoniques. Sans se poser de questions sur la finalité de cette organisation, Duval, aux abois financièrement, accepte.

Ce travail simple, s’il lui permet de reprendre pied dans sa vie, va néanmoins le placer très vite au cœur d’un complot politique, plongé malgré lui dans la brutalité et l’étrangeté du monde souterrain des services secrets.

Angoissant, ce film qui relate comment un Français ordinaire se trouve plongé au cœur des arcanes du pouvoir,  celui des services secrets censés veiller sur la sécurité de la France et  qui "fabriquent" les présidents.

Naturellement cela n'a rien à voir avec la réalité et toute ressemblance avec des personnages existants etc, etc....

François Cluzet est magnifique dans ce rôle, Denis Podalydès inquiétant, deux bonnes raisons pour aller voir ce film, et respirer un bon coup ensuite.


"La fille de Brest" d'Emmanuelle Bercot

En février 2009, confrontés à des cas de valvulopathie et d'hypertension artérielle pulmonaire1, des médecins du CHU de Brest soupçonnent un lien avec la prise d'un médicament, le Mediator, commercialisé par les laboratoires Servier2. La pneumologue Irène Frachon, aidée d'un chercheur, le professeur Le Bihan, s'improvise lanceuse d'alerte3. Ces provinciaux candides ne cherchent qu'à sauver des vies. Mais, à Paris, ils découvrent un univers bien peu préoccupé d'intérêt général. L'argent règne en maître et « des laboratoires pharmaceutiques arrivent à prendre le contrôle des autorités de santé1 » : universitaires stipendiés, arrogants et brutaux, commissions d'experts dévoyées par les conflits d'intérêts4… Le Bihan, en tant que chercheur, est vite neutralisé. On l'accable de mépris, on lui coupe les crédits et il n'a plus qu'à s'exiler au Canada. Mais, dans ce cloaque, Irène Frachon trouve aussi des alliés inattendus qui l'encouragent à poursuivre le combat : l'étudiante en pharmacie qui cite le nombre de victimes brestoises dans sa thèse, l'épidémiologiste Catherine Haynes, un éditeur tenace, une journaliste du Figaro, le « père Noël » de la Cnam qui détient dans son ordinateur le nombre des morts au niveau national, mais ne peut le divulguer que sur demande de sa hiérarchie…

"Neruda"  de Pablo Larrain  (film chilien)

Il ne faut évidemment pas chercher la vérité historique dans cette épopée qui flirte avec le polar, le fantastique et même le western. Neruda n'était certainement pas seulement un poète éthéré sensible aux souffrances du peuple chilien. C'était aussi un politicien, un diplomate et un Stalinien pur et dur qui a d'ailleurs écrit des poèmes à la gloire du petit père des peuples. On peut douter aussi que la police chilienne ait vraiment voulu l'arrêter lors de la répression anti communiste de 1948. Véritable monument national, il aurait probablement été plus gênant en prison qu'en exil. Même Pinochet, s'il l'a peut-être fait assassiner discrètement 25 ans plus tard, ne l'a pas emprisonné. On croise d'ailleurs brièvement le futur dictateur qui dirigeait alors un camp de concentration. Cette traque obsessionnelle par un policier qui entend se faire un nom en coffrant la star n'en est pas moins passionnante. On notera d'ailleurs que le personnage du flic interprété par Gael Garcia Bernal, formidable comme à son habitude, est presque plus intéressant que celui du poète qui apparait ici comme vaniteux, capricieux, odieux et même futile, ce qu'il était peut-être. Mais c'est l'atmosphère, la photo, l'ambigüité qui donnent toute sa saveur à ce film. A condition d'entrer dans le jeu, car certains pourront le trouver un peu lent et bavard. On notera au passage que Pablo Lorrain, comme il l'avait fait dans No, glorifie le rôle des intellectuels et artistes dans la résistance contre la dictature, alors que les ouvriers et paysans chiliens font de la figuration. La caste des artistes s'auto-congratule donc une fois de plus. Malgré ces travers, Neruda n'en est pas moins une grande réussite. (Gérard Delteil sur Allociné)

Mardi 15 novembre à  20 heures  - Cinéma Arletty - "la vie et rien d'autre"

Un superbe film de Bertrand Tavernier, sorti en 1989, qui est un chef d’œuvre. Ce film nous plonge dans cette ambiance d'après-guerre, puisque l'action se déroule en 1920, dans  une France qui n'est pas remise de cette horrible guerre. 

Pour des raisons de déontologie, il s'oppose à sa hiérarchie lorsqu'elle lui ordonne de procéder à la recherche de la dépouille du poilu qui sera le soldat inconnu sous l'Arc de triomphe. Bien que troublé par le charme froid d'Irène qui n'arrête pas de croiser sa route, il poursuit sa tâche et va bientôt comprendre pourquoi Alice et elle, après un long parcours à la recherche de leurs hommes, vont se retrouver près d'un tunnel effondré où est enseveli un train sanitaire disparu. La vérité va bientôt lui apparaître, étrange et dure comme la vie, comme la guerre.

  • Le point de départ est une préface d’un livre de Didier Daeninckx qui parlait du nombre de disparus de la Grande Guerre. 350 000 disparus ! Tavernier s’est posé la question : qu’est ce qu’un disparu ? et est-ce que ça se retrouve, un disparu ? Si on faisant une histoire sur des gens qui cherchent des disparus. C’était aussi savoir comment on avait trouvé le soldat inconnu qu’on avait mis sous l’Arc de Triomphe. Tavernier est allé voir Jean Cosmos qui avait travaillé sur ce sujet pour la télévision. Que doit faire quelqu’un qui veut retrouver son mari, son frère… Quelles sont les procédures ? Services des Sépultures militaires : chercher à travers les objets personnels. Tout le monde cherche quelque chose.
  • À partir de là est né le personnage qui essaie de faire bien son travail. Il va déranger. Faire apparaître des massacres et il va préserver une mémoire qu’on veut oublier. Les politiques et les militaires car ils ont été responsables. On ne veut pas écouter ses vérités. On veut dissimuler la réalité et l’Histoire derrière le soldat inconnu. “ Ils ont fait massacrer des millions d’hommes et on ne va plus penser qu’à un seul. ” La politique reprend sa place contre les affaires strictement militaires.
  • Une France qui se reconstruit après la guerre avec des gens qui réapprennent à vivre et à aimer. Le sujet n’intéressait personne et certains étaient effrayés. Pendant le Conseil d'Administration d’Hachette, un des PDG a proposé à Tavernier de racheter la totalité de son salaire pour qu’il stoppe le film.
  • Il a essayé d’expliquer que ce n’était pas un film sur la mort mais sur la vie. C’est un film sur l’apprentissage de la paix et sur la mémoire de certains événements. "Si la Terre a plus de mémoire que les hommes, la civilisation est condamnée" dira Bertrand Tavernier.

Conférence de Christian Bougeard

Dimanche 20 novembre 2016 à 15h00

« De l’occupation à la libération en Bretagne »

Musée de la Résistance en Argoat – Pôle de l’Etang-Neuf

 

 

 

Christian Bougeard est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Bretagne occidentale à Brest, chercheur au Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC).

 

Dans cette conférence, en s’appuyant sur les problématiques actuelles de la recherche historique et sur des documents iconographiques, Christian Bougeard se propose de traiter les principaux aspects de la période de la guerre, de l’Occupation et de la Libération de la Bretagne, du 18 juin 1940 (jour de l’arrivée des Allemands à Rennes) à l’année 1945.

Il examinera l’intérêt stratégique de la Bretagne pour les belligérants et le poids d’une occupation militaire de plus en plus lourde, la réalité du régime de Vichy et la mise en œuvre de sa politique de Révolution nationale, les réactions de l’opinion publique et les difficultés de la vie quotidienne (pénuries, prélèvements de main-d’œuvre, bombardements, répression croissante).

Seront aussi traités le collaborationnisme de groupuscules français et bretons (PNB, bezen Perrot) ainsi que les étapes, les formes et les organisations (réseaux et mouvements) de la Résistance en Bretagne, sans oublier le poids des Français libres dont de nombreux Finistériens.

Il s’agit aussi d’analyser la préparation (montée au maquis, opérations de sabotage, bases de parachutistes SAS), les étapes de la libération de la région par les armées américaines en août 1944 (siège de Brest) ainsi que la transition des pouvoirs (le retour à la légalité républicaine), la mise en place de l’épuration et le retour à la démocratie élective en 1945.

 

Informations pratiques

5€ par personne. Accessible à tous. Nombre limité de places, réservation conseillée.

Pôle de l’Etang-Neuf - 22480 Saint-Connan

02 96 47 17 66/etangneuf.asso@orange.fr

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Tréveneuc : commune du sud-Goëlo, des paysages à couper le souffle, la mer change de couleur au gré des nuages, offrez-vous une balade sur le sentier des falaises, en passant prenez une photo de la chapelle st Marc. vos photos seront publiées dans un diaporama de l'utl avant une conférence.

origine photo : Généanet