Le club de lecture :  les réunions ont lieu dans la salle de restaurant du casino de St Quay Portrieux.

Ce sont de lecteurs passionnés qui se réunissent pour évoquer un livre, le club est ouvert à tous ceux qui ont l'envie de lire et de partager leurs lectures.  Parmi les oeuvres qui ont été commentées :

« La gouteuse d’hitler » de Rosella Postorino.

Le roman résumé par Jérôme Garcin

En 1943, dans son quartier général de Prusse orientale, appelé « la tanière du loup », Hitler, qui craignait toujours d’être empoisonné, demanda à dix femmes de goûter les plats qu’il allait consommer (pour l'essentiel des légumes puisque le Fuhrer était végétarien). Rosa, âgée alors de 26 ans, s’exécute sous la menace des SS et se demande chaque fois si la première bouchée n’est pas la dernière. Sans compter qu’elle vient de Berlin et qu’elle est considérée comme une étrangère par les autres femmes. Et puis il y a aussi l’odieux lieutenant Ziegler, qui est amoureux d’elle... 

Le roman se présente comme la confession tardive de la goûteuse d’Hitler, qui se considère comme « à la fois victime et coupable puisqu’elle a contribué à maintenir en vie un monstre ».

les mémoires d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir le 16 janvier

Les Mémoires d'une jeune fille rangée décrivent les vingt et une premières années de l'auteur : de sa toute petite enfance à sa réussite à l'agrégation de philosophie en 1929. Simone de Beauvoir décrit son éducation dans une famille bourgeoise désargentée et déclassée, puis son virage par rapport à la vie toute tracée que sa famille lui propose, grâce à la littérature et la philosophie ainsi qu'à des relais humains (Zaza, son cousin Jacques, Herbaud). Elle est mue par une volonté d'engagement social et philosophique (le moteur même de son existence) et par le souhait que sa vie serve, de choisir son destin, de devenir quelqu'un. Elle s'oriente vers la philosophie et travaille avec acharnement et détermination. En préparant le concours de l'agrégation, elle entrera, par l'intermédiaire d'Herbaud, au sein d'un groupe d'étudiants brillants, dont la figure de Sartre se détache. Le surnom de Castor lui est donné par son nouvel ami Herbaud, trouvant une ressemblance entre Beauvoir et beaver qui signifie castor en anglais. Son œuvre exprime son anticonformisme face à la société de l'époque.

le Bal des folles de Victoria Mas : le 21 novembre

Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires.
Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

"TRANSPARENCE" de Marc DUGAIN

A la fin des années 2060, la présidente française de Transparence, une société du numérique implantée en terre sauvage d'Islande, est accusée par la police locale d'avoir orchestré son propre assassinat. Or au même moment, son entreprise s'apprête à commercialiser le programme Endless, un projet révolutionnaire sur l'immortalité, qui consiste à transplanter l'âme humaine dans une enveloppe corporelle artificielle. Alors que la planète est gravement menacée par le réchauffement climatique, cette petite start-up qui est sur le point de prendre le contrôle du secteur numérique pourra-t-elle sauver l'humanité ?

Le mur invisible de Marlen Haushofer

La narratrice (son nom n'est pas mentionné) rejoint pour un week-end sa cousine Louise et son mari dans leur pavillon de chasse. Alors que le couple, parti pour la soirée au village voisin, n'est pas revenu le lendemain matin, la narratrice, restée seule au chalet avec leur chien, part à leur recherche. Sur le chemin, elle découvre qu'un mur invisible la sépare désormais du reste du monde.

Derrière ce mur, tous les êtres vivants qu'elle aperçoit ont été pétrifiés durant la nuit. Tout en la protégeant d'un mal inconnu, ce mur l'emprisonne au cœur de cette forêt avec quelques animaux pour seule compagnie et des vivres en quantité limitée. Rapidement, elle doit prendre son destin en main et organiser sa survie ainsi que celle de son chien, Lynx, d'une vieille chatte et de sa vache gestante, Bella. Lors des chasses et explorations qu'elle effectue dans son nouvel environnement, elle découvre un lieu d'alpage pour ses animaux.

Elle doit non seulement affronter les intempéries, la faim, la maladie, faire face à un quotidien austère fait de tâches éprouvantes et répétitives, mais aussi lutter pour ne pas se laisser envahir par ses souvenirs, la peur ou la conscience de sa situation. Elle prend des notes sur sa vie quotidienne, qu'elle utilisera plus tard pour raconter son histoire, après un événement tragique.

« la perle et la coquille » de Nadia Hashimi

Kaboul, 2007 : les Talibans font la loi dans les rues. Avec un père toxicomane et sans frère, Rahima et ses sœurs ne peuvent quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui permettra à la jeune Rahima de se travestir jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier. Elle jouit alors d’une liberté qui va la transformer à jamais, comme le fit, un siècle plus tôt, son ancêtre Shekiba. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.

"compromis" de Philippe Claudel

Résumé :

Deux amis de trente ans dans un appartement vide. L’un est un comédien médiocre, l’autre un dramaturge raté. Le premier vend l’appartement et a demandé au second d’être présent lors de la signature du compromis, pour rassurer l’acheteur. Car s’il écrit de très mauvaises pièces, il a tout de même un visage rassurant. C’est sa grande qualité. La seule ? On attend l’acheteur. D’ailleurs, acheteur ou pigeon ? En l’attendant on parle. On se flatte. On se caresse. On se moque. On se taquine. Cela glisse peu à peu. On se blesse en se lançant à la face ce que l’on retient depuis longtemps. Et l’acheteur finit par arriver, qui va assister à un règlement de comptes, farcesque mais sans concession, entre les deux amis. Va-t-il en demeurer le spectateur, en devenir l’arbitre ou en être au final la seule victime ? La vie nous réserve tant d’occasions de nous compromettre pour garder le peu qu’elle nous donne, et parmi cela l’amitié, qui se nourrit bien souvent de compromis.

"Ces instants là "

de Herbjorg Wassmo

Ces instants là qui sont la vie

Elle a les yeux aussi bleus que la mer qui entoure les îles Lofoten, en Norvège, où elle a grandi et vit une partie de l’année. Ses héroïnes lui ressemblent, des femmes volontaires, énergiques, dures aussi à cause de ce que la vie leur a réservé. A 18 ans, Herbjorg Wassmo a déjà un enfant, et le désir de partir de chez elle. De fuir même. Elle se tourne vers l’enseignement pour gagner sa vie. Mais depuis toujours, elle est envahie d’une colère qui ne la quitte jamais, et pour apaiser cette rage commence à écrire de la poésie. Puis des romans. Très vite, elle devient une auteure reconnue non seulement du milieu littéraire, mais aussi du grand public. Il y aura « Le livre de Dina », une fresque sur la Norvège du 19ème siècle, « La Trilogie de Tora », « Cent ans » un roman dans lequel elle dévoile pour la première fois son secret, sa honte, puis aujourd’hui « Ces instants-là », qui n’a de roman que la dénomination. L’enfant qu’elle a eu très jeune, son désir avorté de devenir peintre, l’inceste jamais prononcé et pourtant omniprésent, la haine qu’elle porte à son père, et enfin l’écriture qui la sauvera de la honte qu’elle ressent de n’avoir pas su résister au viol, et de l’angoisse. L’écriture de Hebjorg Wassmo lui ressemble: sèche, nerveuse, directe et en même temps envoûtante.

26 avril 2018 : Une histoire bien tressée

On ne sait pas « pourquoi, certains livres, avant même leur parution, avant même qu’ils aient été lus, créent le buzz, s’annoncent comme des phénomènes, sont de la graine de best-sellers. C’est le cas avec ce premier roman, « La Tresse », déjà vendu à une dizaine de pays, dont l’Allemagne qui s’est complètement entichée du manuscrit.

L’auteure, Laetitia Colombani, est scénariste, réalisatrice et comédienne. Elle a déjà écrit deux films, « A la folie… pas du tout » et « Mes stars et moi ». Elle travaille aussi pour le théâtre, mais n’avait jamais publié de roman. Le fait qu’elle soit scénariste n’est pas anodin, car son texte justement est drôlement bien ficelé, et ce n’était pas gagné : trois histoires, trois femmes, trois pays, tous aux antipodes les uns des autres. Comment boucler cela, en 220 pages seulement, sans nous égarer en route, avec pour seul guide une tresse ?

La première femme, Smita, est indienne. Intouchable. Et comme tous les intouchables, elle accomplit les tâches les plus avilissantes. En ce qui la concerne, nettoyer les toilettes des gens. Elle n’arrive jamais à complètement se débarrasser de cette odeur de merde qui lui colle à la peau, imprègne chaque centimètre de son corps. Mais pour elle, une chose est certaine, sa fille doit se sortir de sa condition en suivant des études.

La deuxième, Giulia, est italienne. Sa famille possède un atelier de perruques. Une affaire dont elle découvre qu’elle est au bord de la ruine. Il lui faut trouver une solution pour la sortir du rouge…

La troisième enfin, Sarah, est américaine. Une avocate à succès dont le salaire mensuel aligne les zéros. Mais elle évolue dans un monde dans lequel le moindre signe de faiblesse signe votre arrêt de mort. Elle a beau vouloir cacher son cancer à son patron et continuer à gagner ses procès comme si elle n’était pas épuisée par les chimio, le secret finira par fuiter…

Laetitia Colombani raconte ces trois destins de femmes unis par une tresse. Trois mèches de cheveux qui lient l’Inde, les Etats-Unis, l’Italie. Une histoire de solidarité, de résilience, un livre séduisant, plein de charme. Seul petit bémol, une certaine frustration car nous ne faisons finalement que survoler les destinées de ces trois héroïnes, alors qu’elles méritaient toutes notre intérêt… Pascale Frey


L'Archipel d'une autre vie

 

L'Archipel d'une autre vie

 

L'Archipel d'une autre vie

 

L'Archipel d'une autre vie

L'Archipel d'une autre vie

 

L'Archipel d'une autre vie d'Andreï Makine

 

Aux confins de l’Extrême-Orient russe, dans le souffle du Pacifique, s’étendent des terres qui paraissent échapper à l’Histoire…

Qui est donc ce criminel aux multiples visages, que Pavel Gartsev et ses compagnons doivent capturer à travers l’immensité de la taïga ?

C’est l’aventure de cette longue chasse à l’homme qui nous est contée dans ce puissant roman d’exploration. C’est aussi un dialogue hors du commun, presque hors du monde, entre le soldat épuisé et la proie mystérieuse qu’il poursuit. Lorsque Pavel connaîtra la véritable identité du fugitif, sa vie en sera bouleversée.

La chasse prend une dimension exaltante, tandis qu’à l’horizon émerge l’archipel des Chantars : là où une « autre vie » devient possible, dans la fragile éternité de l’amour.

Andreï Makine, né en Sibérie, a publié une douzaine de romans traduits en plus de quarante langues, parmi lesquels Le Testament français (prix Goncourt et prix Médicis 1995), La Musique d’une vie (prix RTL-Lire 2001), et plus récemment Une femme aimée. Il a été élu à l’Académie française en 2016.