"Ces instants là "

de Herbjorg Wassmo

Ces instants là qui sont la vie

Elle a les yeux aussi bleus que la mer qui entoure les îles Lofoten, en Norvège, où elle a grandi et vit une partie de l’année. Ses héroïnes lui ressemblent, des femmes volontaires, énergiques, dures aussi à cause de ce que la vie leur a réservé. A 18 ans, Herbjorg Wassmo a déjà un enfant, et le désir de partir de chez elle. De fuir même. Elle se tourne vers l’enseignement pour gagner sa vie. Mais depuis toujours, elle est envahie d’une colère qui ne la quitte jamais, et pour apaiser cette rage commence à écrire de la poésie. Puis des romans. Très vite, elle devient une auteure reconnue non seulement du milieu littéraire, mais aussi du grand public. Il y aura « Le livre de Dina », une fresque sur la Norvège du 19ème siècle, « La Trilogie de Tora », « Cent ans » un roman dans lequel elle dévoile pour la première fois son secret, sa honte, puis aujourd’hui « Ces instants-là », qui n’a de roman que la dénomination. L’enfant qu’elle a eu très jeune, son désir avorté de devenir peintre, l’inceste jamais prononcé et pourtant omniprésent, la haine qu’elle porte à son père, et enfin l’écriture qui la sauvera de la honte qu’elle ressent de n’avoir pas su résister au viol, et de l’angoisse. L’écriture de Hebjorg Wassmo lui ressemble: sèche, nerveuse, directe et en même temps envoûtante.

 

le  18 octobre à 14h30 au Casino de St Quay

le  20 septembre 2018 au club de lecture

Dans un restaurant bondé de Tel-Aviv, une femme fait exploser la bombe qu'elle dissimulait sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine, Israëlien d'origine arabe, opère à la chaîne les innombrables victimes de cet attentat atroce. Au milieu de la nuit, on le rappelle d'urgence à l'hôpital pour lui apprendre sans ménagement que la kamikaze est sa propre femme.
Il fallait l'audace rare de Yasmina Khadra pour oser aborder un tel sujet. Dans ce roman extraordinaire, on retrouve toute la générosité d'un écrivain qui n'en finit pas d'étonner par son imaginaire et son humanisme.

26 avril 2018 : Une histoire bien tressée

On ne sait pas « pourquoi, certains livres, avant même leur parution, avant même qu’ils aient été lus, créent le buzz, s’annoncent comme des phénomènes, sont de la graine de best-sellers. C’est le cas avec ce premier roman, « La Tresse », déjà vendu à une dizaine de pays, dont l’Allemagne qui s’est complètement entichée du manuscrit.

L’auteure, Laetitia Colombani, est scénariste, réalisatrice et comédienne. Elle a déjà écrit deux films, « A la folie… pas du tout » et « Mes stars et moi ». Elle travaille aussi pour le théâtre, mais n’avait jamais publié de roman. Le fait qu’elle soit scénariste n’est pas anodin, car son texte justement est drôlement bien ficelé, et ce n’était pas gagné : trois histoires, trois femmes, trois pays, tous aux antipodes les uns des autres. Comment boucler cela, en 220 pages seulement, sans nous égarer en route, avec pour seul guide une tresse ?

La première femme, Smita, est indienne. Intouchable. Et comme tous les intouchables, elle accomplit les tâches les plus avilissantes. En ce qui la concerne, nettoyer les toilettes des gens. Elle n’arrive jamais à complètement se débarrasser de cette odeur de merde qui lui colle à la peau, imprègne chaque centimètre de son corps. Mais pour elle, une chose est certaine, sa fille doit se sortir de sa condition en suivant des études.

La deuxième, Giulia, est italienne. Sa famille possède un atelier de perruques. Une affaire dont elle découvre qu’elle est au bord de la ruine. Il lui faut trouver une solution pour la sortir du rouge…

La troisième enfin, Sarah, est américaine. Une avocate à succès dont le salaire mensuel aligne les zéros. Mais elle évolue dans un monde dans lequel le moindre signe de faiblesse signe votre arrêt de mort. Elle a beau vouloir cacher son cancer à son patron et continuer à gagner ses procès comme si elle n’était pas épuisée par les chimio, le secret finira par fuiter…

Laetitia Colombani raconte ces trois destins de femmes unis par une tresse. Trois mèches de cheveux qui lient l’Inde, les Etats-Unis, l’Italie. Une histoire de solidarité, de résilience, un livre séduisant, plein de charme. Seul petit bémol, une certaine frustration car nous ne faisons finalement que survoler les destinées de ces trois héroïnes, alors qu’elles méritaient toutes notre intérêt…

jeudi 22 mars au casino de St Quay Portrieux :  

L'Archipel d'une autre vie

 

L'Archipel d'une autre vie

 

L'Archipel d'une autre vie

 

L'Archipel d'une autre vie

L'Archipel d'une autre vie

 

L'Archipel d'une autre vie d'Andreï Makine

 

Aux confins de l’Extrême-Orient russe, dans le souffle du Pacifique, s’étendent des terres qui paraissent échapper à l’Histoire…

Qui est donc ce criminel aux multiples visages, que Pavel Gartsev et ses compagnons doivent capturer à travers l’immensité de la taïga ?

C’est l’aventure de cette longue chasse à l’homme qui nous est contée dans ce puissant roman d’exploration. C’est aussi un dialogue hors du commun, presque hors du monde, entre le soldat épuisé et la proie mystérieuse qu’il poursuit. Lorsque Pavel connaîtra la véritable identité du fugitif, sa vie en sera bouleversée.

La chasse prend une dimension exaltante, tandis qu’à l’horizon émerge l’archipel des Chantars : là où une « autre vie » devient possible, dans la fragile éternité de l’amour.

Andreï Makine, né en Sibérie, a publié une douzaine de romans traduits en plus de quarante langues, parmi lesquels Le Testament français (prix Goncourt et prix Médicis 1995), La Musique d’une vie (prix RTL-Lire 2001), et plus récemment Une femme aimée. Il a été élu à l’Académie française en 2016.